Alone in the park
"Même au milieu d'une foule, il y a de la solitude chez moi. Je suis solitaire de par mon éducation. J'ai été élevé très seul et ai toujours été étranger au lieu où j'étais. (...) Puis les événements ont fait que j'étais toujours un peu en dehors des troupeaux. Je m'y suis habitué, mais cela ne m'a pas donné de facilité pour vivre une vie affective intéressante, parce que même accompagné je me retrouvais seul dans ma tête. Les personnes qui vous entourent finissent par se lasser. J'en discutais beaucoup avec Barbara, qui était une grande solitaire aussi. Elle disant que c'était "un luxe qu'elle souhaitait à tout le monde". Cela peut l'être quand on le choisit mais pas quand on est délaissé. Reste que je ne m'ennuie jamais lorsque je suis seul. (...)
Vivre en retrait procure une sérénité, un sentiment qu'il y a moins d'urgence. On vit au rythme des saisons, des animaux. On est un peu détaché du monde, avec un regard distant sur ses contemporains. Au même titre qu'à la télévision, je ne regarde qu'une mosaïque de chaînes m'offrant une vision du monde en forme de grand spectacle lointain et permanent. (...)"
William Sheller dans une interview au journal "Le Temps" en janvier 2005 (que j'avais gardée quelque part parce que ses paroles exprimaient précisément ce que je ressens en général, et c'est plutôt rare pour moi de lire quelqu'un et d'être frappé au point de me dire "Hé, voilà un type qui me ressemble!").
Ecrit par Absurdus, le Mardi 29 Juillet 2008.
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